LA DÉMARCHE
Handicap (n.m) : « toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques. »
Les 70 pensionnaires de ce centre pour handicapés mentaux prennent plaisir depuis trois ans à réaliser avec leur éducateur spécialisé, Stéphane, des films vidéos. Au-delà de la
dimension ludique, ces ateliers de création ont une place dans leur prise en charge : moyen d’expression, d’entraide, de valorisation, de communication avec leur entourage, d’accès à l’autonomie.
Véritables aficionados de l’émission satirique « Groland Magzine », ils ont eu l’occasion de rencontrer Gustave Kervern, l’un des piliers de Groland, lors du festival du film de Quend.
C’est à partir de cette rencontre que « Ya Basta ! » est devenu possible. Depuis six mois, le noyau dur des pensionnaires désireux de jouer la comédie dans le film, répète, s’informe et
rêve à ce court métrage qui est désormais le leur.
« Ya Basta ! » est pour nous un projet qui va au-delà du simple exercice artistique, c’est un film qui va être projeté à l’échelle nationale et qui propose un regard
atypique sur les handicapés mentaux et sur la différence tout court :
Comment survivre quand un système qui se cherche ne nous le permet plus ?
Comment accéder à des moments de bonheur quand le simple fait d’être marginal devient un handicap ?
Les handicapés mentaux, groupuscule le plus représentatif de l’exclusion de pensée, réalité sociale parfois cachée, parfois crainte comme une maladie terrifiante qui peut
toucher nos futurs enfants, se retrouvent soudain les ambassadeurs du râle mondial qui vient d’en bas et pointe vers les responsables de la désormais fameuse Crise.
Vous l’aurez compris, ce message est traité avec humour. On ne s’apitoie à aucun moment sur le sort de nos héros, ce sont eux qui se détournent d’un système qui les boude, et
décident de réagir avec leurs armes, pour se construire une place nouvelle et adéquate. Bref, ils nous donnent une leçon.
Ce film est donc également le résultat de la subjectivité avec laquelle nos héros regardent le monde.
